Lettres du Père Noël, J.R.R. Tolkien.


Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais, personnellement, quand j'étais petite, je croyais au Père Noël, et je lui envoyais des lettres dans lesquelles je collais des images découpées dans des catalogues des jouets que je désirais (pas vous ?). Cependant, ce vieux barbu ne m'a jamais répondu. Pas très étonnant me direz-vous, mais difficilement compréhensible car je recevais annuellement un coup de téléphone de Saint-Nicolas (j'ai compris des années plus tard qu'il s’agissait de mon oncle, ce grand farceur), étant originaire d'une région où on le célèbre tous les 6 décembre. Qu'à cela ne tienne, au lieu d'envoyer le Père Fouettard aux trousses de Papa Noël, j'ai réparé cette frustration de petite fille en me ruant sur les Lettres du Père Noël, de J.R.R. Tolkien. Et non seulement j'ai comblé mes attentes d'enfance, mais en plus je me suis réconciliée avec Tolkien. Oui, honte sur moi, j'ai lâché la trilogie du Seigneur des Anneaux au bout d'un tome et demi.

Prétendument envoyées du Pôle Nord par le Père Noël, les 30 Lettres du Père Noël ont été adressées aux quatre enfants de Tolkien entre 1920 et 1943. Accompagnées de merveilleux dessins également réalisés par Tolkien, elles font retomber en enfance et ravivent un appétit féroce pour les contes. On s'émerveille devant l'imagination et le souci du détail calligraphique de Tolkien : lorsque la lettre est envoyée par le Père Noël, l'écriture est tremblotante ("ma main tremble beaucoup - je vais avoir dix-neuf cent vingt-quatre, non ! vingt-sept ans ! le jour de Noël - c'est bien plus que ton arrière grand-père, donc je ne peux pas empêcher le stylo de trembloter") ; lorsque c'est son assistant l'Ours Polaire qui prend la plume, la calligraphie est moins raffinée ("Excusez cette écriture épaisse, j'ai une grosse patte.") ; et quand l'elfe secrétaire, Ilbereth, prend le relais, les courbes des lettres sont fines et gracieuses.

Se superposent à ces différentes calligraphies d'autres alphabets (n'oublions pas la passion de Tolkien pour inventer des langues) : l'elfique (ce qui ne surprendra pas les lecteur·rice·s du Seigneur des Anneaux), les alphabets polaire et gobelin. Parce qu'outre les drôles de chamailleries entre l'ours polaire et le Père Noël par commentaires interposés sur les lettres (qui font franchement sourire), ces deux personnages sont autant occupés à préparer les cadeaux pour les enfants qu'à repousser les affreux gobelins. Ils peuvent heureusement compter sur les oursons des cavernes, les elfes rouges et verts, ainsi que sur les Hommes des neiges.

Vous l'aurez compris, le talent de Tolkien pour créer des univers entiers se confirme avec ces Lettres du Père Noël, qui m'ont particulièrement charmée. Ne passez pas à côté : plutôt que de vous enfiler des ferreros pour prolonger Noël (je plaide coupable), savourez ces délicieuses missives !

Et pour rester dans la même ambiance, ou presque... (Cliquez donc !)


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