Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants et puis ... - Michael Cunningham


Entre deux lectures pantagruéliques, j'aime bien opter pour un livre assez court, un petit truc pour m'aérer entre deux évasions littéraires profondes, un peu comme lorsqu'on profite de la coupure pub à la télé pour faire une pause technique quand on regarde le film du dimanche soir, ou le petit zieutage innocent de son profil Facebook ou Instagram pendant que les collègues fumeurs prennent dix minutes de pause pour s'intoxiquer à l'extérieur du lieu de travail.

Quand je suis tombée sur ce petit recueil de Michael Cunningham intitulé Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants et puis ..., le titre m'a accrochée car je déteste le fait que les contes de notre enfance présentent le mariage et la procréation comme une fin en soi. Lassée du prince charmant qui arrive la rose aux dents sur son fidèle destrier pour sauver une jeune fille brillant généralement exclusivement par sa beauté, je me suis laissée tenter par la promesse d'un coup de pied aux histoires d’antan, bien curieuse de découvrir le cynisme dont pourrait faire preuve l'auteur pour imaginer leurs suites. Malheureusement, il faut croire que je n'ai pas misé sur le bon cheval.

Contrairement à ce que fait espérer le titre, les nouvelles contemporaines de ce recueil ne présentent pas toutes une suite aux contes classiques. Elles sont bien souvent seulement une réécriture de ceux-ci, sans grand intérêt. Si on s'amuse au départ à deviner quelle histoire célèbre se cache derrière le récit lorsque son intitulé n'est pas explicite, on est bien vite lassé par le recours à des anachronismes faciles, utilisés pour ancrer la fable dans le moderne : Hansel et Gretel sont dotés de piercings et de tatouages, la sorcière qui les accueille a installé sa maison en sucrerie dans la forêt à cause de l'explosion des loyers, le prince qui conserve une aile de cygne à la place du bras devient alcoolique. So what ?

Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants et puis ... ne divertit donc pas vraiment ; il dénonce la lassitude du quotidien et des habitudes sans grande finesse. A laisser au bord du chemin, qui sait, un Petit Poucet pourrait en trouver une utilité.

Et pour rester dans la même ambiance, ou presque... (Cliquez donc !)

#Flop

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