Le Gang des rêves - Luca di Fulvio


Le Gang des rêves, c'est un peu comme si étaient rassemblés de manière absolument géniale les meilleurs rôles de Leonardo Di Caprio au sein d'un seul et même personnage : Natale. Protagoniste central de ce roman, ce dernier se voit sèchement rebaptisé Christmas par les services américains de l'immigration lors de son arrivée clandestine à Ellis Island en 1909 avec sa mère, dès lors immigrée italienne, Cetta Luminita.

"Cetta n'aurait jamais imaginé qu'il puisse exister autant de peuples ni de langues. Elle n'aurait jamais cru que des hommes et des femmes puissent être si petits et d'autres si grands ni avoir tant de couleurs d'yeux et de cheveux différentes. Elle n'avait pas idée que des gens puissent être si forts ou si faibles, si naïfs ou si fourbes, si riches ou si pauvres - et être tous mélangés. Comme dans la tour de Babel dont le curé parlait à la messe, au village."

Christmas, c'est celui qui a un don pour raconter des histoires et prétendre être ce qu'il n'est pas afin de viser plus haut, à l'instar de l'imposteur Frank Abagnale Jr dans Arrête moi si tu peux. C'est également l'insolent qui, tel Jack tentant de se fondre dans la haute société du Titanic pour séduire Rose, tombe fou amoureux d'une riche et belle juive, Ruth, qu'il sauve d'un drame qui marquera à jamais leurs deux vies... car Le Gang des Rêves est aussi une histoire qui traverse des générations de femmes semblant toujours à la disposition des hommes et qui luttent pour se (re)construire. Enfin, Christmas, c'est un peu Amsterdam Vallon dans Gangs of New York, avide de vengeance, évoluant dans le cœur palpitant de la grosse pomme vérolée de mafieux.

"Ici c'est pas une ville, et c'est pas non plus une jungle, contrairement à ce qu'on raconte. C'est juste une cage, et nous sommes trop nombreux."

Dressant une incroyable fresque à la Scorsese, Luca di Fulvio veine son roman de deux forces contraires qui façonnent bien souvent pour notre plus grand bonheur les scénarios les plus saisissants : la violence et l'amour. Âmes sensibles s'abstenir, car l'auteur n'épargne pas son lecteur : pauvreté, racisme, antisémitisme, viols, certaines scènes marquent par leur dureté et leur aspect cru. Heureusement, elles sont largement contrebalancées par le tableau new-yorkais extraordinaire esquissé par une plume fluide et épatante, qui entrelace destins d'immigrés juifs, irlandais, italiens, et porto-ricains en les plongeant dans une société américaine piquetée de nouvelles inventions : voitures, cinéma, et radio. Faites donc vos bagages, et embarquez pour New-York afin de suivre les aventures de Christmas et de son incroyable gang des rêves.

"Tu sais ce que c'est, l'amour ? fit-elle. C'est réussir à voir ce que personne d'autre ne peut voir. Et laisser voir ce que tu ne voudrais faire voir à personne d'autre."

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