Six fourmis blanches - Sandrine Collette


Nom d'un yéti poids plume ! On aura beau essayer de me convaincre que la montagne, ça vous gagne, après cette frissonnante lecture qu'est Six fourmis blanches de Sandrine Collette, vous ne me verrez pas de sitôt tester sur site la véracité de ce slogan !

Je ne sais pas si vous aviez un cauchemar récurent quand vous étiez petit·e (si oui, partagez-le en commentaire, que je me sente moins seule !), mais moi, je faisais souvent des "cauchemars de Tintin au Tibet". Entendez par là : peur de me retrouver comme Tchang seule, sur le point de mourir de froid, ou de faim, traquée par les bêbêtes du coin, et ce, à mille milles de toute terre habitée (réussirez-vous à saisir cette référence ?).

Et v'lati pas que, alors que je suis devenue une adulte (presque) pleine de bon sens, Sandrine Colette me refourgue cette frousse en plaçant son intrigue dans les montagnes enneigées d'Albanie, et la pare d'une narration à double-voix : d'un côté, celle de Mathias, sorte de berger empreint des superstitions locales, exerçant une fonction très particulière que je ne dévoilerai pas ici tant elle m'a cloué le bec ; de l'autre, celle de Lou, française embarquée avec cinq autres français dans un trek de trois jours. Vous vous en doutez, tout ne va pas se passer vraiment comme prévu, et bientôt, cette charmante équipe va se retrouver confrontée aux craintes de mon enfance : la peur de se retrouver seul, sur le point de mourir de froid ou de faim, traqué par la bêbêtes du coin, et ce, à mille mille de toute terre habitée (indice pour la référence : elle concerne un célèbre auteur aviateur).

Ce que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman en dehors du sentiment d'angoisse grandissant qu'il procure habilement, c'est que, contrairement à de nombreux thrillers, le style n'est pas délaissé au profit du rythme de l'intrigue. La plume de Sandrine Collette décrit de manière extrêmement réaliste la nature hostile dans laquelle sont plongés les protagonistes "insoumis et ivres d'espace", et elle réussit admirablement à enchevêtrer peurs rationnelles et irrationnelles. Un livre délicieusement glaçant et effrayant, car malgré ses dangers, comme le disait Jean, "Pourtant, que la montagne est belle" !

Et pour rester dans la même ambiance, ou presque... (Cliquez donc !)

#Nature

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