Merci Toni Morrison


Toni Morrison est morte. Quatre petits mots et une si grande tristesse. C’est bizarre comme le décès d’une personnalité publique peut venir pincer le cœur. C’est étrange comme on peut ressentir la force d’un lien intime avec une plume sans que celle-ci n’ait rien connu de votre existence.

Toni Morrison est venue me chercher dans mes années lycée, lors desquelles une prof d’anglais – qui avait toujours du rouge à lèvres plein les dents mais le bon goût d’initier ses élèves à la littérature nord-américaine – nous a fait rencontrer Sula, personnage principal du deuxième roman de cette autrice. Première claque, premiers palpitements au gré des mots avec lesquels Toni Morrison joue comme on lancerait des dés, avec à la clé un résultat qui sonne toujours juste, brillant, vibrant.

Puis, il y a eu Home et surtout Beloved, intense, puissant, saisissant. Le genre de bouquin dont vous ressortez différent·e après l’avoir lu. Un peu tordu·e, un peu essoré·e, mais surtout grandi·e. Le genre de bouquin qui restera toujours dans la liste de mes livres préférés. Le genre de bouquin que j’ai envie de glisser dans toutes les mains, surtout celles qui sont aussi pâles que les miennes.

Je crois que ce qui me plaît tant dans les romans de Toni Morrison, c’est son talent pour parler d’amour et d’humanité même dans les contextes les plus accablants du monde. C’est sa foi en un monde meilleur. Avec en arrière-plan cette poésie brumeuse, ce voile de surnaturel qui vient vous enrober le cœur pour mieux le piquer de questions existentielles.

Petite lumière à l’horizon : Le Chant de Salomon se cache depuis quelques mois dans cet entassement de livres qu’il convient de baptiser, selon la formule consacrée, « pile à lire ». Je comptais le garder bien au chaud pour mon premier voyage aux Etats-Unis en octobre mais, qui sait, il pourrait bien se hisser en haut de cette fameuse pile à lire…


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