Hunger Games : La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur - Suzanne Collins


Harry Potter ? Délaissé au cinquième tome. Le Seigneur des Anneaux ? Abandonné à la moitié du deuxième. Il n'y a qu'une seule saga littéraire populaire que je lis avec assiduité : Hunger Games. Je peste de ne pas avoir pleinement accroché aux deux premières œuvres citées (et je compte bien les apprivoiser un jour tant c'est un bonheur de voir l'enthousiasme de leurs fans !), mais Hunger Games risque de se maintenir en haut du podium pendant un moment grâce à ce nouvel opus : La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur.


A l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai lu absolument aucun avis sur ce prequel, dont l'intrigue se passe avant les aventures de Katniss narrées dans la trilogie initiale. Aussi puis-je vous livrer sans aucune influence mon avis à chaud : j'ai passé un très bon moment de lecture ! Mes souvenirs des trois premiers tomes sont un peu lointains mais j'ai frétillé intellectuellement lorsque j'ai replongé dans cette ambiance dystopique ainsi que dans l'arène où se déroulent ces fameux "jeux de la faim" (mon côté lectrice maso, sans doute). Les petites accointances avec le monde gréco-romain m'ont beaucoup plu : du nom des personnages au mythe du Minotaure (ah, cette jeunesse sacrifiée), en passant par des références géographiques déjà connues (Panem et sa capitale, le Capitole), l'autrice, Suzanne Collins, renouvelle une illustration glaçante de la fameuse expression "Du pain (panem en latin !) et des jeux".


Cette fois-ci, changement de perspective : cet univers post-apocalyptique nous est dépeint à travers le regard non plus d'une jeune femme tribut d'un district (c'est-à-dire une contrée sous contrôle du Capitole), mais d'un étudiant issu d'une aristocratie déchue de la capitale, désigné mentor d'un tribut : Coriolanus (High five si ce nom vous perturbe autant que moi !) Snow. Six décennies avant qu'il ne devienne le dictateur ennemi de Katniss, Coryo (pour les intimes) nous entraîne dans les méandres vaseux de la soif de pouvoir et de contrôle, et la construction de la manipulation de masses est encore une fois de la partie. Ajoutez à cela une incursion à juste dose d'éléments technologiques, d'éclairages sur les racines du mal ainsi que des références aux premiers tomes, et vous obtenez un roman très divertissant qui flirte avec panache avec les thèmes de la trahison et de l'honneur. On oublie vite les quelques maladresses et facilités scénaristiques tant l'intrigue est addictive et certains personnages délicieusement détestables. Prêt·e à (re)partir dans l'arène ?

Hunger Games : La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur, de Suzanne Collins, aux éditions Pocket Jeunesse (560 pages, 19,90 €)

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