La Consolation de l'ange - Frédéric Lenoir


“ Ce n'est pas à seize ou dix-sept ans qu'il faudrait commencer la philosophie, mais à six ou sept ans !”


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Nom d'une musette à bulles ! Que diriez-vous d'un petit cours de philo déguisé pour attendre Noël ? Dans La Consolation de l'ange, Frédéric Lenoir a décidé de nous livrer ses sagesses à travers le personnage de Blanche, vieille dame aimant la vie, sur le point de mourir. Dans sa chambre d'hôpital, elle rencontre Hugo, vingt ans, qui vient de tenter de se suicider. Mais n'ayez pas d'inquiétude sur la tonalité du livre malgré ce point de départ difficile : c'est une grosse bouffée d'optimisme qui vous attend si vous décidez de glisser ce roman dans votre menu littéraire pour les fêtes !


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“ Nous sommes tous des monstres en puissance, Hugo. Comme nous sommes tous des saints en puissance. Nous sommes tous capables, dans certaines conditions, de commettre le mal, de dominer les autres, de les tuer. Des pulsions destructrices habitent notre inconscient et peuvent agir à notre insu contre nos plus belles valeurs. Certains y résistent, d'autres pas. De même, nous avons des capacités insoupçonnées à faire le bien, à donner notre vie pour autrui. Tout être humain – toi, moi, ton oncle, ta mère – est habité par des forces de bonté et des forces de destruction.”


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Point de ton moralisateur ou culpabilisant, ni d'injonction acharnée au bonheur : ce dernier roman de Frédéric Lenoir est tout simplement une hotte remplie de citations, de contes, de poésies, de paroles et de réflexions dans laquelle il fait bon piocher pour questionner son rapport à la vie. Il nous rappelle qu'il suffit parfois d'une chanson, d'un poème, d'un souvenir, d'une sensation pour se (re)connecter au monde et à soi. Et puis, parfois, d'une rencontre.


Le choix du format romanesque permet une circulation fluide d'idées qui ne sont jamais perdues dans les méandres de la psychologie de Blanche et de Hugo. Néanmoins, mon amour pour les personnages complexes ou à tout le moins avec de belles aspérités m'a empêchée de m'attacher pleinement à ce duo. Certes, l'âge choisi pour Hugo permet à l'auteur de frotter un esprit scientifique et rationnel à celui d'une tête plus ouverte aux mystères de l'existence, mais j'ai par exemple eu du mal à gober qu'un étudiant en médecine ne sache pas ce que signifie une série de numéros tatouée sur les bras d'une personne âgée. Cependant, comme l'histoire n'est presque qu'un simple prétexte pour transmettre de puissants messages, cela ne gâche pas le plaisir de lire ce roman, qui m'a par ailleurs donner envie de (re)lire l'oeuvre de Victor Hugo et de découvrir celle d'Etty Hillesum, à qui ce livre est dédié.


La Consolation de l'ange est au final un livre aussi lumineux que son auteur, que j'ai eu la chance de rencontrer grâce aux éditions Albin Michel, que je remercie chaudement !

La Consolation de l'ange, de Frédéric Lenoir, aux éditions Albin Michel, (208 pages, 17,90 €)

Merci aux éditions Albin Michel pour la rencontre avec l'auteur et pour le livre !

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