Vous avez dit bookstagrameuse ?


C'était la (bonne) nouvelle du week-end dernier : un extrait d'une de mes chroniques est passé sur la chaîne télé de France Info (et passe encore puisqu'il s'agit d'un spot régulièrement diffusé nommé "marque page" regroupant plusieurs avis de bookstagrameur·se·s*). Lorsqu'une abonnée (@mar_y_ona, que je remercie au passage) m'a informée de cette diffusion, et avant de me poser diverses questions, mes neurones ont dansé la lambada version J-Lo tonight-we-gon'be-it-on-the-floor. Parce qu'on ne va pas se mentir : ça fait du bien à l'ego. Non pas que j'ai soif de reconnaissance (bloguer, c'est avant tout une histoire de plaisir), mais en tant que victime régulière du syndrome de l'imposteur, l'idée qu'un journaliste ait pu accorder une quelconque valeur à mes propos n'est pas déplaisante. Un petit "quart d'heure de célébrité" à la Warhol qui m'encourage à poursuivre mon activité de blogueuse et de bookstagrameuse (faut pas croire, l'algorythme d'Instagram est parfois très démoralisant, d'où le fait que vos commentaires et tous nos échanges font toujours chaud au cœur !). Mais promis, je dégonflerai mes chevilles avant de rechausser mes bottes de scribouillarde de la toile.


J'en reviens à ce qualificatif "bonne" placé entre parenthèses avant le mot "nouvelle" au début de cet article. Est-ce vraiment une bonne nouvelle qu'un extrait d'une de mes chroniques soit publié par une chaîne nationale qui ne m'a pas demandé mon avis, ni même ne m'a informée de cette utilisation ? Je n'arrive pas à répondre à cette question et je serais curieuse de savoir ce que vous en pensez. A l'heure où les "pompages" de comptes bookstagram par les journalistes semblent de plus en plus fréquents, je m'estime plutôt chanceuse car mon compte Instagram a été cité, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous :



Car, oui, certains journalistes ne s'embêtent même pas à citer leurs sources et reprennent à leur compte des chroniques de bookstagrameur·se·s... C'est dire à quel point les relations entre journalisme et blogging deviennent de plus en plus floues. Après une ère de mépris plus ou moins cordial (cf. l'article dédaigneux de Carine Bizet dans Le Monde) voilà que le journalisme vient butiner dans les comptes de la ruche bookstagram. Il serait bon qu'il le fasse en bonne intelligence et rejoigne la dynamique de la majorité des maisons d'éditions qui ont compris le potentiel d'un lien de qualité avec les petites abeilles que nous sommes.


Il n'est nullement question ici de revendiquer ce que je ne suis pas. Je ne suis pas : journaliste (d'ailleurs, j'hésite toujours à utiliser le terme de "chroniques" à propos de mes scribouillis, mais la commodité l'emporte sur ma crainte qu'on se méprenne sur mes intentions). Je suis : lectrice passionnée, blogueuse, bookstagrameuse. Bookstagram est labyrinthe qu'on construit en permanence à plusieurs joueurs - lecteurs, blogueurs, journalistes et maisons d'éditions... et je suis curieuse de découvrir les prochains dédales dans lesquels ce réseau social m'emmènera !

* Bookstagram : contraction de "book" (livre en anglais) et "Instagram" (réseau social) ; désigne la communauté littéraire d'Instagram

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