Plonger - Christophe Ono-dit-Biot


"- Pourquoi le danger serait-il indispensable ?

- Parce que pour apprécier une chose, il faut aussi sentir qu'on peut la perdre ..."

Ce qui est compliqué quand on n'a pas franchement apprécié le livre d'un auteur et qu'on n'en a lu qu'un seul de sa patte, c'est d'en bouquiner un autre. Je me voyais donc difficilement attaquer Plonger, de Christophe Ono-dit-Biot, alors que la suite indépendante Croire au merveilleux m'avait laissée perplexe. Heureusement, j'ai la chance de pouvoir compter sur de bon·ne·s ami·e·s et des clubs lectures pour me bousculer dans mes bouderies littéraires et me prêter des livres qui m’appâtent autant que des yeux de barracuda pour l'apéro (spéciale cace-dédi aux fans de Koh-Lanta).

Osant le grand saut, j'ai donc piqué une tête dans Plonger. L'angle choisi m'a tout de suite plu : le narrateur, César, présente son roman comme un témoignage adressé directement à son jeune fils, Hector, à propos de son histoire d'amour avec sa mère, Paz. César déroule ainsi le fil de leur passion, de leur rencontre jusqu'à la mort énigmatique de Paz sur une plage (pas de divulgâchis de ma part : sa mort est évoquée dès le début du livre), en passant par des voyages, notamment dans les Asturies où naîtra leur couple, et à Venise, qui engloutira les fondations de leur tandem.

Ancré dans le désarroi que semble nous infliger le début des années 2000, ce roman de Christophe Ono-dit-Biot est une véritable ode à la littérature, à la mythologie et aux arts, qui apparaissent comme des remèdes nécessaires au mal-être instigué par le XXIème siècle. C'est ainsi que le narrateur confie à son fils : "Bizarre comme les objets d'art me sont précieux, vivants. Comme l'art me soulage de la pesanteur, éclaire mes idées noires". C'est d'autant plus percutant que le récit n'est pas encombré des lourdeurs que je reproche à sa suite, Croire au merveilleux.

On est vite happé par la profondeur d'âme des personnages. D'un côté, César, journaliste écartelé entre son amour pour l'Europe et l'envie vitale de sa femme de parcourir le monde, déchiré entre le culte qu'il voue au passé par le biais de l'art et sa dépendance aux nouvelles technologies. De l'autre, Paz, artiste passionnée, instable, obnubilée par l'adoption d'un requin (oui oui, vous avez bien lu) qui viendra sonner le glas d'un amour qui prend l'eau. L'eau, élément central de ce roman, se mouve dans sa symbolique : tantôt lieu de vie et de joie, tantôt sépulture, elle sera le juste milieu nécessaire à la traversée d'un deuil éprouvant.

Une plongée dans les abysses d'un amour finement réussie.

"Dans la vie, n'attends pas que le destin te prenne en charge. Le destin te regarde, il sera séduit s'il te voit entreprendre, il sera bon compagnon et te filera un coup de main, mais c'est à toi de faire le premier pas. Même si c'est absurde."

Et pour rester dans la même ambiance, ou presque... (Cliquez donc !)

#KohLanta

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