L'Aube sera grandiose - Anne-Laure Bondoux

01/10/2018

Petite virée en bord de lac plutôt réussie pour Anne-Laure Bondoux, avec son roman jeunesse L'Aube sera grandiose. Il faut dire que le cadre nocturne de l'intrigue ne manque pas de charme et d'attrait : alors qu'elle doit se rendre à la fête du lycée, Nine est emmenée contre son gré dans une cabane au bord d'un lac par sa mère, Titania, auteur à succès.  Si la nuit s'annonce terriblement longue pour sa fille qui, en plus de rater la soirée du siècle, ne dispose pas de réseau pour échanger avec ses amies par téléphone, elle semble au contraire presque trop courte à Titania pour qu'elle puisse raconter son passé et tous les secrets qu'il cache. Pour que l'aube soit grandiose, la nuit doit être blanche.

 

"Nine lève les yeux vers le ciel et les millions d'étoiles. Toutes les mères de l'univers ont sans doute une vie secrète, des activités à elles, des amis ou des collègues dont elles ne parlent jamais, des rêves enfouis, des soucis qu'elles dissimulent. Des amants, parfois. La sienne a une cabane au bord d'un lac."

 

Le roman se découpe en deux fils narratifs qui s'entrecroisent : le premier est dédié au dialogue entre Titania et sa fille Nine dans la cabane au bord du lac, le second nous emmène dans les souvenirs et les flash-backs de la mère. Construction narrative plutôt basique mais assez efficace : tout comme Nine, je suis restée suspendue aux lèvres de Titania, le suspense grandissant au fur et à mesure de l'enchaînement des chapitres qui slaloment entre passé et présent. Ces allers-retours tressent un tendre dialogue entre trois générations, en privilégiant les relations mère-fille. Loin d'une assommante nostalgie des temps passés, ce roman jeunesse prône au contraire une réconciliation entre les avantages et les inconvénients de chaque époque, et fait la part belle au "slow living" à tout âge.

 

"D'une certaine façon, le monde était plus lent et plus vide qu'aujourd'hui. Chaque chose que nous faisions prenait du temps, réclamait des efforts, mais personne ne s'en plaignait puisque c'était normal. Les photos, par exemple. Il fallait apporter la pellicule chez un photographe pour qu'elle soit développée dans un labo. Parfois, il s'écoulait plusieurs mois entre la prise de vue et le tirage, si bien qu'en découvrant le résultat, on ne se souvenait même plus qui était sur le cliché ! Rien n'était instantané, à part le chocolat en granulés et le café en poudre ! Si tu étais fan de musique, pour écouter ton morceau préféré, tu devais attendre qu'il passe à la radio. Ou bien, tu devais aller acheter le disque vinyle dans un magasin spécialisé [...] En dernier recours, tu faisais comme Octo : des enregistrements sauvages sur des cassettes."

 

Cependant, le manque de crédibilité de certains nœuds de l'histoire et son dénouement m'ont laissée perplexe. Difficile d'être trop exigeante concernant un livre jeunesse car, comme son genre l'indique, celui-ci doit rester accessible à un public jeune, mais la tendresse dont est empreint L'Aube sera grandiose mériterait qu'il soit un tout petit peu plus abouti. Sa sensibilité semble toujours sur le point d'éclore, mais j'ai eu la sensation d'avoir entre les mains un fruit pas assez mûr, au fort potentiel émotionnel. Dommage.

Et pour rester dans la même ambiance, ou presque...  (Cliquez donc !) 

 

 

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