Un Cri sous la glace - Camilla Grebbe

15/10/2018

Nom d'un meuble en kit dégingandé, je me suis encore laissée séduire par le coup du polar suédois. Vous savez ? Le genre de roman tout de noir vêtu, arborant une illustration mi-candide mi-flippante, avec un nom d'auteur à glisser dans une soirée mondaine pour se la péter. Un petit coup d’œil sur  son bandeau rouge clamant qu'il était "la révélation du polar nordique" et hop, Un Cri sous la glace s'est retrouvé entre mes mains. Par contre, si on pouvait signaler à l'oreillette de l'éditeur que le ø n'existe pas dans l'alphabet suédois et qu'il a donc autant sa place dans le titre de cette oeuvre qu'un couscous merguez dans un Ikéa, ce serait bien. Les effets de style pour attirer le chaland, c'est chouette, mais pas quand on prend le lecteur pour un c*n. 

 

Bref, pour en revenir à Un Cri sous la glace, ce thriller scandinave débute par une scène de crime macabre comme il se doit pour ce genre littéraire : dans la maison de Jesper Orre, directeur général d'une célèbre chaîne de prêt-à-porter, une femme est découverte assassinée avec sa tête posée debout sur le sol à côté de son corps. S'en suit alors un récit à trois voix : celle d'Emma, jeune suédoise courtisée secrètement par Jesper ; celle de Peter, policier en charge de l'enquête ; et enfin celle d'Hanne, profileuse dont le talent se fait grignoter par des pertes de mémoire. Trois voix, trois personnages hantés par les démons de leur passé qui conduiront le lecteur vers la clé pour résoudre cette sinistre enquête.

 

"La vie est une histoire de pertes, disait souvent ma mère en fumant sous la bouche d'aération. La perte de cette innocence infantile avec laquelle nous naissons tous, la perte des gens que nous aimons, de notre santé, de nos capacités physiques, et enfin -évidemment- la perte de notre propre vie."

 

Je suis ressortie de cette lecture un peu mitigée : si le twist final vaut le détour, ce roman gagnerait à être élagué d'un bon tiers de son contenu : les fausses pistes traînent en longueur, et le dénouement apparaît davantage comme une délivrance que comme une réelle source de plaisir. Sans compter les récurrentes précisions topographiques suédoises ainsi que les (très) nombreuses platitudes météorologiques qui ont mis ma patience à rude épreuve, du style "Un pâle soleil automnal brûle au-dessus de la place et de la fontaine sans eau. Des feuilles mortes virevoltent, formant de petits tourbillons qui balaient les pavés." Un peu, ça passe, mais quand ce genre de phrase revient toutes les deux pages, cela devient vite énervant. 

 

Loin du grand frisson promis par son titre, Un Cri sous la glace m'a donc laissée ... de glace. Il pourra cependant plaire aux amateurs d’œuvres à twist final décapant.

Et pour rester dans la même ambiance, ou presque...  (Cliquez donc !) 

 

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