Chocolat amer - Laura Esquivel

17/12/2018

"Il y a des choses, dans la vie, auxquelles il ne faut pas accorder trop d'importance, du moment qu'elles ne touchent pas à l'essentiel."

 

Nom d'une fajita fourrée à la pâte à tartiner, à défaut de truffes ou de papillotes pour clôturer votre repas de Noël, je vous propose une petite douceur originale : Chocolat amer, concoctée par l'autrice Laura Esquivel ! Un petit conte mexicain pour adultes, crousti-fondant, loufoque et tendre qui rassasiera les assoiffé·e·s d'amour et de sensualité à l'état pur.

 

Tout commence pourtant par une malédiction aussi glaçante qu'un citron givré : dans un Mexique du début du XXe siècle, la veuve Maria Elena, perpétuant une tradition familiale, interdit à sa troisième fille, Tita, d'épouser le jeune Pedro - dont cette dernière est follement éprise - pour une raison aussi grotesque que l'épluchage d'un radis : la benjamine est condamnée à s'occuper de sa mère jusqu'à sa mort.

 

"Tu sais parfaitement que tu es la plus jeune de mes filles, et que tu dois veiller sur moi jusqu'à ma mort."

 

Qu'à cela ne tienne : Pedro décide alors d'épouser la fille aînée, Rosaura, pour se rapprocher de sa bien-aimée Tita, qui se réfugie dans l'art culinaire et dans la "relation que la nourriture avait installée entre elle et lui". Ses bons petits plats deviennent ainsi le vecteur d'un amour défendu et produisent des effets pour le moins inattendus, tant ils traduisent ses émotions et ses sentiments. La sœur cadette Gertruda est la première à en faire les frais, envahie par une ardeur incontrôlable ayant pour origine un plat de cailles aux pétales de roses.

 

"Tita était le dernier maillon d'une chaîne de cuisinières qui s'étaient transmis, depuis l'époque préhispanique et de génération en génération, les secrets de la cuisine. Elle était considérée comme la meilleure représentante de cet art merveilleux, l'art culinaire."

 

Sur fond de révolution, cette histoire farfelue émaillée de "remèdes de bonne femme" (selon les propres mots de l'autrice) surprend par son ton libre et sans vulgarité sur les relations sexuelles et par ses effluves magiques grâce auxquels la bienveillance des défunts enivre les vivants. Les grains d'humour et les soupçons de poésie font vite oublier le style un peu simple et l'incorporation bancale des recettes directement dans la narration. Pas de coup de cœur pour ma part, mais un savoureux moment de lecture malgré tout !

 

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