Une Folie passagère - Nicolas Robin

17/06/2019

“Enfant, je me posais souvent des grandes questions d'ordre métaphysique sur le bonheur. Un jour, je suis entrée dans la cuisine pour interroger Mamie d'Orly, qui avait les mains plongées dans l'eau de vaisselle. Elle m'a dit :"Tu sais, ma puce belle, avec ton grand-père, je suis sur le nuage numéro huit." Voilà qui a attiré ma curiosité et mon scepticisme. "C'est où, ça, Mamie ?" lui ai-je demandé. Et elle m'a répondu :"Juste au-dessus du septième ciel !" Effectivement, ce devait être très haut, plus haut que je ne pouvais l'imaginer. Je rêvais d'atteindre un jour ce bonheur absolu.”

 

A la recherche d'une lecture légère et rafraîchissante pour bien débuter l'été ? Ne cherchez plus, j'ai ce qu'il vous faut ! Le dernier roman de Nicolas Robin, Une Folie passagère, nous emmène dans les coulisses de l'un des métiers qui fait peut-être le plus fantasmer : hôtesse de l'air.

 

“Dans un avion, il y a soit un incident humain, soit un incident technique. Parfois les deux en même temps.”

 

Avec vingt ans de métier derrière elle et douze mille heures de vol au compteur, Bérangère est une "hôtesse-bien-comme-il-faut" fan de George Michael et qui aime danser seule le Madison (de mon point de vue : deux grandes qualités !). Après les décapantes Georgia Nicolson et Bridget Jones, (anti-)héroïnes qui célèbrent respectivement la crise d'adolescence et celle de la trentaine, la littérature a trouvé avec Bérangère sa mascotte rocambolesque de la crise de la quarantaine. Difficile de faire fi des injonctions et des critiques qui claironnent de toutes parts, depuis son gardien d'immeuble jusqu'à ses collègues Millénials : la belle hôtesse de l'air n'est pas mariée et n'a pas d'enfant. Pression sociale, bonjour. Et quand la loi de Murphy décide aussi de lui tomber dessus, c’en est trop. Vous savez, cette fameuse loi selon laquelle tout ce qui est susceptible d'aller mal ira mal ?

 

Ajoutez à cela un tas d'obsédés sexuels qui s'amassent sur le chemin, et le quotidien devient vraiment compliqué. Je dis "obsédés sexuels", mais grâce à Nicolas Robin, j'ai enrichi mon répertoire : goujats, gougnafiers, mufles, malappris, rustres, phallocrates, pignoufs. Peut-on vraiment réfréner le Hulk, le Mister Hyde, le Taz (si vous avez des équivalents féminins, je suis preneuse) qui sommeille en soi face à une bande d'imbéciles le temps d'un vol ? C'est ce que vous racontera la plume impertinente, drôle et cynique de l'auteur dans Une Folie Passagère. Une grosse pincée de burlesque, quelques références cinématographiques bien placées qui ne sont pas sans rappeler la magie de comédies musicales, un soupçon de romance et une bonne louchée d'humour, et vous obtenez le cocktail idéal à mes yeux pour bien démarrer les grandes vacances : une lecture sans prise de tête, à déguster entre deux pavés ou deux mojitos, c'est vous qui choisissez !

 

“Sens-toi libre comme l'héroïne d'un film de Jacques Demy qui s'élance dans les airs sans subir la loi de la pesanteur.”

 

Une Folie passagère, de Nicolas Robin, aux éditions Anne Carrière (200 pages, 18 €)

Un grand merci à la maison d'éditions pour la rencontre avec l'auteur et pour le livre !

 

Tags:

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Please reload

© 2023 par SUR LA ROUTE. Créé avec Wix.com