Le Chant de la frontière - Jim Lynch


“ Jeanette lui enseigna patiemment les sons de chaque lettre et lui fit répéter inlassablement les petits mots sur lesquels il ne cessait de buter - was, saw, it, as -, jusqu'à ce qu'elle parvienne à la conclusion que plus il se concentrait, pire c'était. En revanche, il retenait facilement les noms d'oiseaux, et Jeanette alimenta sa fascination, comme si leurs deux vies en dépendaient.


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Nom d'un hot dog au sirop d'érable ! Vu que le blocage des frontières semble plus que jamais d'actualité, ça vous dit de faire un pied-de-nez au coronavirus en sautillant littérairement de part et d'autre de la frontière internationale la plus longue du monde ? Rendez-vous dans Le Chant de la frontière, roman de Jim Lynch paru aux éditions Gallmeister !


D'un côté : le Canada et Wayne Rousseau, un professeur de sciences politiques à la retraite, un brin provocateur avec ses petits joints pour consommation thérapeutique. De l'autre : les Etats-Unis et Norm Vanderkool, éleveur de vaches laitières qui lutte pour que son exploitation ne soit pas gobée par de grosses coopératives. Et puis, comme dans toute bonne histoire de voisins qui se détestent, il y a leurs enfants respectifs : Madeline, empêtrée dans de stupides petits trafics de marijuana, et surtout Brandon, étrange jeune homme doté d'une vision unique du monde, passionné d'oiseaux, récemment engagé dans la Border Patrol, la police des frontières américaines. Enfin, il y a Sophie, cette drôle de voisine dont personne ne sait grand chose mais à qui tout le monde se confie...


Tout ce petit monde prend vie sous la plume de Jim Lynch, que j'avais beaucoup aimée dans Les Grandes Marées, autre roman teinté de nature writing guidé par un héros atypique. Ma lecture du Chant de la Frontière ne m'a pas autant séduite, sûrement parce que l'ambiance burlesqu-esthétique "à la Wes Anderson" était moins poussée. Cela ne m'a pas empêchée d'apprécier la précision du vocabulaire employé par l'auteur que ce soit pour parler de l'industrie laitière ou de l'ornithologie qui possède décidément un véritable don pour nous parler de sujets techniques sans que jamais que ça ne soit barbant. En toute honnêteté, je pense aussi que je commence à saturer des romans américains qui prennent comme toile de fond le trafic de drogue. Peut-être la faute à ce satané virus, qui me donne envie de grandes escapades à l'abri des fléaux qui touchent la nature humaine...

Le Chant de la frontière, Jim Lynch, aux éditions Gallmeister (400 pages, 10 €)

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