Le Festin - Margaret Kennedy


“ Le mot festin avait une signification magique pour les petites Cove. Elles n'avaient jamais assisté à un festin, mais elles en avaient lu des descriptions [...] Le mot leur inspirait une lointaine idée de générosité et de joie partagée. Et leur jeu favori était d'imaginer des festins qu'elles donneraient si elles étaient riches. ”


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Alerte coup de cœur ! C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim !


Avez-vous remarqué que les rayons des supermarchés sont déjà remplis de chocolats pour Pâques ? Et avez-vous également vu que votre librairie propose elle aussi une délicieuse gourmandise intitulée Le Festin, de Margaret Kennedy ?


Si vous avez envie d'un petit bonbon littéraire, ne cherchez plus : ce roman est ce qu'il vous faut ! Croustillant, onctueux, savoureux… il n'y a pas un seul chapitre qui laissera vos papilles de lecteur indifférentes ! Pourtant, le point de départ de cette fiction est tragique : l'effondrement d'une falaise en 1947 sur une pension de famille en bord de mer dans les Cornouailles. Un peu plus d'une vingtaine de personnages dont sept enfants se croisaient dans ce lieu au charme anglais. Qui survit ? Qui meurt ? C'est ce que Margaret Kennedy prendra plaisir à vous faire deviner le temps des sept jours qui ont précédé ce funeste évènement !


Ce roman réunit tous les bons ingrédients qui font d'un livre un véritable régal : suspense, humour, ironie, tendresse, sagesse, patchwork de styles (lettres, journaux intimes, tapuscrits pleins de fautes à cause de ces satanées machines à écrire), bel ancrage historique (entre les souvenirs des bombardements londoniens qui martèlent encore les esprits et les carnets de rationnement qui tourmentent les estomacs). Et puis, cerise sur le gâteau : de multiples niveaux de lecture. A ce sujet, conseil d'amie : lisez l'avant-propos après avoir lu le livre (pas très protocolaire, mais jouissif). C'est le choix que j'ai fait et j'ai pris un énorme plaisir à laisser mon cerveau ronronner une fois la dernière page tournée (impossible de ne pas dresser la liste des morts et de ne pas s'interroger sur les raisons de l'autrice qui l'ont poussée à tuer précisément ces personnages !), et l'avant-propos contient la clé qui illumine tout.


Alors n'attendez pas que sonnent les cloches de Pâques pour vous régaler : craquez pour Le Festin ! Comme le disait Oscar Wilde, le meilleur moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder !

 

Le Festin, de Margaret Kennedy, aux éditions de la table ronde (480 pages, 24 €)

Merci aux éditions de la table ronde pour l'envoi du livre !