Tant que le café est encore chaud - Toshikazu Kawaguchi


Une bonne idée ne suffit pas. C'est comme un bon café au petit matin : ça fait bien démarrer, ça stimule, c'est savoureux, mais ça n'assure en rien la qualité de la suite.


L'idée de pouvoir retourner dans le passé le temps de boire un café et avant que celui-ci ne refroidisse était sacrément alléchante. Un brin fantasque, un tantinet douillette, cette trouvaille née de l'imagination de Toshikazu Kawaguchi me faisait espérer une douce lecture d'automne... qui n'a malheureusement pas tenu ses promesses.


Deux éléments du roman Tant que le café est encore chaud m'ont particulièrement rebutée. Le premier ? Des dialogues plats, jamais pourvus d'ornement stylistique, qui me donnaient presque l'impression d'une retranscription de conversations audio. Le second : la fâcheuse manie de l'auteur de décrire absolument tous les vêtements des personnages, changements de tenues inclus, sans que cela n'apporte un quelconque intérêt au récit. Quel dommage au regard de la beauté de l'idée de départ et des quelques moments d'émotions (qui peinent à émerger mais qu'on peut tout de même dénicher) !


Et puis en écrivant cet article, j'ai fait quelques recherches sur l'auteur qui m'ont permis d'apprendre que ce roman était l'adaptation de sa pièce de théâtre. Voilà qui explique sûrement ces dialogues "scriptés" et ces descriptions détaillées des costumes, non ? Cette fable japonaise tombera pourtant bien vite dans les oubliettes de ma mémoire à cause du manque de profondeur dans la construction de l'histoire et de la psychologie des personnages. Un roman pas désagréable si vous cherchez une lecture rapide sans prise de tête, mais si vous êtes plutôt adepte des histoires poétiques surnaturelles finement narrées, passez votre chemin.

Tant que le café est encore chaud, Toshikazu Kawagushi, aux éditions Albin Michel (240 pages, 17,90 €)

Merci aux éditions Albin Michel pour l'envoi du livre !